Suite du compte-rendu de ma visite du 28 Août, qui était riche en découvertes, bien que je n'avais soulevé qu'une douzaine de pierres... J'y suis repassé rapidement hier, puisque je n'avais pas eu le temps de visiter le lieu de la 2ème naissance, mais ça, c'est encore une autre histoire...

Hormis les juvéniles que j'étais venu observer suite aux naissances, j'ai donc aussi rencontré 4 beaux spécimens adultes.
Pas trop farouches, ils stationnaient à l'entrée de leur cachette, et ne cherchaient pas à se sauver. Certains essayent quand même de rentrer dans leur galerie pour se cacher (quand ils l'ont creusé !), mais sans précipitation. Il suffit de barrer le repli à la cachette, et le scorpion se laisse alors tranquillement photographier sur le pas de sa porte, sans chercher à fuir !

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Le spécimen de la première photo est probablement une femelle (car bien "ronde" et bien dodue).
Bien sûr, on ne peut pas distinguer de façon certaine le sexe du spécimen d'un seul coup d'œil extérieur, sans manipuler l'animal, mais j'ai remarqué que les dimorphismes sexuels "apparents" semblent s'avérer plutôt justes et pertinents (après vérification plus précises des opercules génitaux sur quelques spécimens dociles, qui se laissent renverser en "faisant le mort", une technique de "défense" qu'ils utilisent parfois quand il ne fait trop chaud et qu'ils sont moins "réveillés").


Dimorphisme sexuel pour Buthus occitanus Français:
Les mâles sont plus fins, plus élancés que les femelles.
Les femelles sont plus trapues (plus "rondes" et "dodues") et de taille plus importante que les mâles.
50 mm et 70 mm pour les mâles, 65 mm et 85mm pour les femelles.
Dans certains cas, le nombre de dents des peignes peut confirmer le sexe, mais c'est surtout la forme de l'opercule génitale qui ne laisse aucun doute.[/i]

Et voici 2 autres adultes un peu plus prudents, qui préfèrent la sécurité d'un abri...

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Ces 4 spécimens adultes mesurent tous ente 7 et 8 cm, des chélicères au telson, et ils me sont apparus impressionnants et massifs, après avoir passé pas mal de temps avec les tout petits juvéniles (1,5 cm)...


Voici une photo que j'aime bien, prise au 1/100s à f/2.8 ISO 100, 25mm:
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La grande ouverture du diaphragme de l'appareil à pour conséquence (entre autre) de réduire la profondeur de champ (l'espace où le sujet apparaît net sur la photo), ce qui rend l'arrière plan flou, et permet de donner plus de présence au sujet, qui ressort plus de l'image. Avec mon appareil "bridge" à petit capteur, pour pouvoir composer ce genre d'image et faire la mise au point, je suis obligé de me rapprocher très prés du sujet, ici à 2 cm de l'objectif. Cela implique donc que le sujet soit assez coopératif aussi, merci l'ami !;)

La dernière découverte ce soir-là fût un juvénile bien dégourdi, qui je pense en est au stade 4, vu sa taille un cran au dessus comparée à celles de nos petits stade 3. Le voici juste après avoir soulevé la pierre:

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Une belle couleur orangée et des tergites bien marquées de noir, il contraste encore plus dans le décors que les petits de stade 3.
Les "trous" à droite sur la photo sont l'œuvre d'un autre habitant (insecte non identifié), formant une galerie horizontale, le Buthus n'ayant lui aménagé qu'un petit espace sans loge.
Du coup, se voyant découvert, notre ami a décidé d'aller plonger sa tête directe dans un trou de la galerie voisine, malheureusement peu profonde et sans issue, et d'y rester dans cette position, le cul en l'air, la queue en point d'interrogation ! La technique de l'autruche quoi !

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En le chatouillant un peu le ventre à l'aide d'une brindille, il a finit par sortir de son cul de sac.
Il mesure un peu plus de 2 cm, soit 6 à 7 mm de plus que les 2 premiers juvéniles présentés (à droite un des stade 3 pour comparaison):

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Comme quoi, parfois, quelques millimètres de plus ça compte...

Il a probablement mué récemment, la pointe de ses pinces présente encore une coloration brune bien jolie:

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Je reconduis notre ami sous sa pierre où il s'y réinstalle exactement à la même place, mais en commençant par creuser frénétiquement pour élargir un peu sa loge...


Il est 20h30, le soleil s'est déjà couché derrière les collines, je repose délicatement la dernière pierre sur le terrassier en plein boulot, remballe mon appareil photo, et je prend le chemin du retour, avec des petits scorpions oranges plein la tête.
Dans la garrigue, la nuit ne fait que commencer...